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Les photos d'Afrique

 

 

   Du Rimbaud africain, nous possédons d'abord trois autoportraits photographiques. Le poète les a réalisés au printemps 1883, dans ce Harar où il vit désormais. Parmi les miniatures que l'on peut voir ci-dessus, ce sont les trois premières en partant de la gauche. Dans la lettre du 6 mai 1883 qui accompagne ces photos, Rimbaud donne à sa famille les explications suivantes : "Ces photographies me représentent, l'une, debout, sur une terrasse de la maison... l'autre, debout dans un jardin de café, une autre, les bras croisés dans un jardin de bananes." Ce sont des clichés médiocres, ajoute-t-il, à cause de la mauvaise qualité de l'eau servant au développement. On peut y deviner cependant un corps maigre et un visage aux traits durs, tanné par le soleil. Bien que la tenue vestimentaire ne soit pas toujours la même, on y note la constance du costume blanc colonial.       
   Un portrait de groupe où figurerait Rimbaud (détail, ci-dessus, à droite) a été révélé par Claude Jeancolas dans L'Afrique de Rimbaud (1999). On pourra se documenter à son sujet dans cet écho de la vente Pierre Leroy du 27 juin 2007. Une inscription manuscrite indique : "Environs d'Aden. Avant le déjeuner à Sheick Otman". Ce cliché aurait été pris par Georges Revoil, pour garder le souvenir d'une partie de chasse. Le personnage debout, l'arme au pied, à gauche de l'image, le seul qui soit tête nue, ressemble aux autres portraits du poète de cette époque : on peut voir un agrandissement de ce détail du cliché en couverture du livre Rimbaud à Aden. D'après Jacques Desse (lire ici), cette photo aurait été prise en janvier 1883.
   Un autre portrait de groupe, récemment retrouvé et rendu public en avril 2010 montrerait Rimbaud posant avec d'autres européens sur le perron de l'Hôtel de l'Univers, à Aden, en août 1880. Elle était la propriété de Jules Suel, patron de l'hôtel. C'est, des portraits africains de Rimbaud, "le seul où l’on voit avec netteté ses traits d’adulte", écrivent J.-J. Lefrère et J. Desse dans Histoires littéraires n°41. Mais la présence du poète sur ce cliché est contestée : voir le dossier de ce site.