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01/04/12 -
L'Angleterre dans
Les Illuminécheunes (Notes de lecture)
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Établir la présence voilée de Londres — ou de
l'Angleterre — dans les constructions urbaines des
Illuminations n'a rien de facile : la
preuve décisive
manque toujours. Certes, Rimbaud a placé dans le décor
issu de son imagination des "Royal ou des
Grand de Scarbro", "railways", "embankments" et
"cortèges de Mabs", "circus", "turf suburbain",
"cottage", "steerage", "pier", "comté", etc. Mais il s'est empressé
simultanément de bloquer la réception du texte comme
mimésis en multipliant les références
spatio-temporelles fantaisistes et divergentes : un "Nabuchodonosor norwégien", des
"aristocraties ultra-Rhénanes, Japonaises, Guaranies",
"la grande île du Japon", Brooklyn et Venise, la Sicile et le Péloponnèse,
des "fanums" et des "grands canaux de Carthage", "un
boulevard de Bagdad" et "les derniers potagers de Samarie"...
Au reste, vous diront la plupart des critiques : inutile
de partir à la recherche de realia, les villes
des
Illuminations sont avant tout fantasmatiques. Il n'y
a rien à répondre à cela. Sauf que... Suite |
14/03/12 -
Patience
(Anthologie
commentée)
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Patience (d'abord intitulé
Bannières de mai) présente un découpage assez
classique en strophes d'octosyllabes (un dizain suivi de
deux huitains) mais le style oral du langage ("c'est drôle", "rien de rien ne
m'illusionne"), à la limite du
galimatias parfois (qu'est-ce que : mourir beaucoup
ou mourir à peu près ?), l'enchaînement rapide
et léger de
formules concises, la syntaxe elliptique (ô combien !), les
constructions plus que bizarres (v.4), l'humour
grivois
(v.9-10, v.17-18), la versification
désinvolte (suppression des rimes), tout
produit une impression de
nouveauté et de grande liberté.
Les
trois strophes, plus qu'un discours suivi, constituent
trois volets relativement autonomes d'une célébration
de
la nature et du soleil. Rimbaud y envisage
trois façons distinctes de recueillir ou
de capter l'énergie vitale émanant du renouveau
printanier : la participation à la naïve allégresse
collective, l'holocauste fusionnel, la libre
infortune. La dernière de ces postures
existentielles est celle à laquelle, finalement, le
poète se
range [...].
Suite |
12/02/12 -
Zeugma
(Glossaire stylistique)
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Les figures,
explique le poète
Michel Deguy, au-delà de
leurs spécificités,
assument une
fonction équivalente "dans le jeu poétique général de la Dis-jonction".
Rimbaud
aime à pratiquer ce jeu sur le mode du zeugma,
particulièrement dans Les
Illuminations : "Le zeugma,
ou attelage,
écrit Deguy,
y reçoit
l'expansion générale de la lettre (Mallarmé) :
lunes et
comètes, mers et fables affection et bruit neufs ces malheureuses et ces manœuvres et mes embarras
Le zeugma est
un des moyens — chacun généralisable, donc, et entre eux
équivalents et traductibles — pour rapprocher et conjoindre des
mots, et ainsi la vue et sa vision des choses dans le jeu
général de la dis-jonction du poème pour assembler la
dissemblance." (Le Millénaire Rimbaud, p.48) [...] Suite.
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5/02/12 -
Hypallage
(Glossaire stylistique)
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Dans son
objectif de "trouver une
langue" et d'inventer "du nouveau — idées et forme", Rimbaud devait nécessairement rencontrer l'hypallage dont le principe
est de produire des discordances au sein de l'énoncé, de déjouer les
automatismes de lecture. Il tire de la figure des effets expressifs
servant ses thèmes de prédilection et ses choix stylistiques : recherche des "raccourcis fascinateurs" (pour parler
comme René Char), goût des images synesthésiques, de la parodie et de la
satire [...] Suite.
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11/01/12 -
"Qu'est-ce pour nous... comme dialogue dramatique de l'Esprit et
du Cœur", par Benoît de Cornulier (Notes de lecture)
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Benoît de Cornulier est le
seul critique, à ma connaissance, qui ait étudié de façon détaillée Qu’est-ce pour nous
Mon Cœur...
Dans sa conception, le poème se présente comme "un
dialogue dramatique de l'Esprit et du Cœur". "Dramatique" car il s'y
déroule une histoire, une sorte de drame.
Les destructions et les souffrances évoquées dans la première
strophe ne sont pas, comme on le prétend, celles de la semaine
sanglante mais celles que
provoquera la "vengeance" voulue par le Cœur. L'Esprit s'oppose
d'abord à ce projet révolutionnaire, auquel il dénie toute valeur ("Qu'est-ce pour
nous, mon cœur, ... ? Rien !"). Puis il se laisse convaincre, poussé par un sentiment de fraternité.
Cependant, après que les conjurés ont "tout occupé, / Cités et
campagnes", il se montre à nouveau insatisfait. Pour la seconde
fois, il déclare que "Ce n'est rien !" et
adresse à ses amis un appel : "Allons ! Allons !". Où donc s'agit-il
d'aller puisque la terre entière est déjà "occupée" ? Ailleurs ! "Anywhere out of the world !",
répond Benoît de Cornulier, citant Baudelaire.[...] Suite |
26/03/11 -
Sonnet du trou du cul (Anthologie
commentée)
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Longtemps,
l'étude pionnière
consacrée par Steve Murphy au Sonnet
du trou du cul dans son Premier Rimbaud ou l'apprentissage de
la subversion (1990) a été la seule ressource critique un tant
soit peu développée. Elle ne laissait rien dans l'ombre sur le plan
des significations obscènes, non sans tomber parfois,
comme Bernard Teyssèdre lui en fait gentiment le reproche (B.T.
op.cit. 539), dans les
pièges de la surinterprétation. Elle présentait le texte comme un
manifeste en faveur de la liberté sexuelle et allait jusqu'à y
déceler une forme de lyrisme personnel, Verlaine et Rimbaud exprimant
là, selon
l'auteur, "avec toutes les précautions nécessaires, avec tous les
subterfuges indispensables, un amour lui aussi condamné au
silence" (S.M. op. cit. 250).
Deux excellents
commentaires se sont ajoutés récemment : ceux de Philippe
Rocher, dans
La Poésie jubilatoire, ouvrage
collectif publié chez Garnier (op. cit. 2011, 173-210), et de
Bernard Teyssèdre dans son
Arthur Rimbaud et le foutoir zutique
(op. cit. 2011, 135-148).
[...] Suite |
08/03/11 -
Le Cercle zutique, un ouvroir de poésie libertaire au lendemain
de la Commune (Notes de lecture)
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Exception
faite de quelques pièces d'accès relativement facile et
à l'audace réjouissante telles que le Sonnet du trou du cul ou
Les Remembrances du vieillard idiot, l'Album zutique a
longtemps opposé au lecteur des obstacles décourageants. Allez
saisir le sel de textes qu'on dit truffés de plaisanteries à usage
privé, de sous-entendus égrillards ou politiques, et destinés pour
beaucoup d'entre eux à la parodie de poètes que personne ne lit
plus, sauf les spécialistes. Mais les choses sont en train de
changer grâce aux progrès de l'édition et de la critique, et l'on
peut dire que le lecteur curieux de ces textes a désormais quelques
bons outils à sa disposition [...] Suite |
03/03/11 -
L'Humanité chaussait le vaste enfant Progrès
(Anthologie commentée)
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Monostiche attribué par Rimbaud à Louis-Xavier de
Ricard, cet alexandrin calembouresque du feuillet 3, recto, de l'Album
zutique mérite-t-il de grands développements ? En
tous cas, deux excellents commentaires qui viennent de
lui être consacrés montrent qu'il ne laisse pas le lecteur indifférent.
Intéressant aussi est le débat qui s'instaure à distance
entre les auteurs de ces travaux, Bernard Teyssèdre et
Bruno Claisse. Car il y a divergence entre eux non sur
l'interprétation littérale du texte, qu'ils conduisent
de façon assez similaire, mais sur la caractérisation de
sa cible et de ses présupposés idéologiques : moderne,
Rimbaud, ou antimoderne ? partisan ou contempteur du
Progrès ? Vaste et vieux et, au fond, faux débat ! Car
si le sujet rimbaldien exprime souvent une déception
à l'égard du "monde moderne" tel qu'il est, c'est que,
par ailleurs, sur le plan des idées, il a fortement
tendance à ériger le progrès, le moderne,
le nouveau, en valeurs absolues [...]
Suite |
27/02/11 -
Paris
(Anthologie commentée)
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Au premier abord, on pourrait voir
dans ce pseudo-sonnet en forme d'inventaire l'expression minimaliste
d'une poétique du flâneur. La moitié des mots du texte
sont des noms propres susceptibles de s'afficher sur les
murs de la ville en tant que marques commerciales ou de
figurer à la une des journaux en tant que noms d'hommes
en vue, soit qu'ils aient défrayé la chronique
(politiciens, industriels prospères, tel chasseur de
panthères, tel assassin célèbre et ses victimes), soit
qu'ils contribuent à l'écrire comme journalistes ou
hommes de lettres.
Mais on remarque, faisant irruption au milieu de cette liste, quelques
ponctuations subjectives ("Soyons
chrétiens", "O Christs !", "Ô Robinets !"...) qui peuvent
difficilement passer pour des "cris de Paris" et qui imposent la
recherche d'un propos caché [...]
Suite |
01/01/11 -
Ce qu'on dit au Poète à propos de fleurs (Anthologie commentée)
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C'est en 1925 seulement qu'un critique littéraire
(Marcel Coulon) découvre dans une lettre adressée à
Théodore de Banville le poème intitulé : Ce
qu'on dit au Poète à propos de fleurs. L'envoi est signé sans ambiguïté par
l'auteur, dont les initiales A.R. apparaissent à deux reprises, à la fin
du poème et à la fin de la lettre. Mais l'expéditeur a fait précéder son
monogramme du nom d'Alcide Bava, patronyme issu d'une famille peu
recommandable (baver, bavasser... ) dont la phonétique n'est pas
sans rappeler celle du destinataire (BAVa / BAnVille) ! Rimbaud propose donc
là un principe de lecture différent de celui qui prévaut dans
la poésie lyrique où la voix entendue est assignée par convention au
poète, auteur du texte. Dans ce poème, au contraire, il nous invite à
considérer un personnage inventé comme celui qui parle
dans le texte. Au lecteur de se demander quel type de relation
entretient l'auteur réel avec cet auteur fictif : identité de vues ou
opinions discordantes, et dans quelle mesure ? Ce qui ajoute à l'attrait
proprement poétique le piment de la devinette [...]
Suite |
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Plan du site
Introduction
Tous les textes (1870-1875)
Anthologie commentée
Étude du Recueil de Douai
Thèmes et Formes
Glossaire stylistique
Florilège des sources
Chronologie
Iconographie
Bibliographie
Rimbaud sur la Toile

EN
LIBRAIRIE
Mars 2012 -
Nouvelle Revue Française n°599, Du Japon :
Hideo Kobayashi, "Rimbaud II"
Chûya Nakahara, "Postface aux Œuvres d'Arthur Rimbaud"
Nov. 2011 -
Parade sauvage
n°22, Classiques Garnier.

Oct. 2011 -
JJ Lefrère,
Sur A.R. Correspondance posthume, t.2,
1901-1911,
Fayard.
01/06/11 - J.-L. Steinmetz, "Rimbaud
à l'œuvre",
La Quinzaine littéraire n°1039.
Juin 2011 - Rimbaud
vivant n°50.

06/03/12 - Jacques
Bienvenu,
La pagination des Illuminations (suite).
12/02/12 - Jacques
Bienvenu,
La pagination des Illuminations.
20/11/11 - André
Guyaux,
Rimbaud et le point multiple.
15/11/11 - Romain
Lejeune,
Patti Smith : "Rimbaud est un homme très moderne", Magazine
littéraire.

10/11/11 -
Patti Smith au
Musée Rimbaud de Charleville (vidéo, 1').
15/08/11 - David Ducoffre,
Deux 'Illuminations' composées avant avril 1873.

23/08/11 -
Total
Eclipse, film de Agnieszka Holland, 1995, 103'. Juin
2011 - Arnaud Bernadet,
Rimbaud et la Commune de S.Murphy,
Romantisme n°52.
14/05/11 - Bernard Teyssèdre,
La soirée des Vilains-Bonshommes à l'Odéon.

23/03/11
- Les Amis d'Arthur, vidéo
(9'56) de
Patrick Taliercio :
l'association des Amis de Rimbaud visite
Charleville.

22/03/11
- Les Portraits ovales d'Étienne
Carjat, vidéo (9'32) de
Patrick Taliercio (G.Diepdalle, C.Jeancolas et J.-J.Lefrère).

28/03-01/04/11
- Les Bohèmes de
Rimbaud : entretiens France-Culture avec
J.-L.
Steinmetz, B.Teyssèdre, P.Brunel, D.Noguès, M.Murat, Y.Frémy.

2010-2011 - Portrait de groupe à l'Hôtel de l'Univers (Aden)
Liste de liens actualisée.

Janvier 2010
-
Inventaire au Musée Rimbaud de Charleville-Mézières
(FR3, 3'27). |